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2. Pourquoi "Pays-Bas français" ?
Parce que c'est notre nom historique !
Nos provinces, Flandre, Artois, Hainaut, Cambrésis, Boulonnais, Calaisis, ont constitué, sous les ducs de Bourgogne un ensemble politique et culturel cohérent : les PAYS-BAS bourguignons.
Lors de la succession des ducs, le Boulonnais fut conquis par la France mais les Habsbourg, en particulier avec Charles Quint, renforcèrent l'unité des Pays-Bas, et constituèrent les XVII Provinces, avec l'ensemble des territoires actuels de notre Région (sauf Boulonnais), de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas, exceptées les principautés ecclésiastiques de Cambrai (actuel Cambrésis, département du Nord), de Liège (actuelle province de Liège, en Wallonie) et la principauté abbatiale de Stavelot-Malmédy, qui, pour les deux premières, étaient Etats du Saint Empire.
Les provinces septentrionales des Pays-Bas (les actuels « Pays-Bas ») formèrent en 1579 les Provinces-Unies, abandonnant donc le nom de Pays-Bas - alors que nous-mêmes l'avions conservé ! - nom qu'elles reprirent par la suite jusqu'à aujourd'hui.
Les provinces du sud, que l'on peut appeler les Pays-Bas du sud, restées sous possession des rois d'Espagne, furent appelées Pays-Bas Espagnols ou Pays-Bas Catholiques, pour les différencier des Provinces-Unies protestantes.
Lorsque Louis XIV conquiert Artois et Cambrésis, ainsi que le sud de la Flandre et du Hainaut, après 75 ans de guerres incessantes et de traités successifs conclus par celui d'Utrecht en 1713, nos territoires prennent le nom de Pays-Bas Français, certes pas systématique, certains lui préférant « les Flandres » pour désigner notre ensemble.
La constante, c'est le terme Pays-Bas, connu et reconnu en Europe et dans le monde.
La Région a le droit de se le réapproprier et de recouvrer ce nom de Pays-Bas, porteur de son histoire, moteur d'un avenir prometteur. Il exprime son appartenance à l'Europe du Nord, et véhicule nombre de connotations positives.
PAYS-BAS FRANÇAIS est notre nom légitime. Le nom à restaurer et à reconquérir.
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Louis TRENARD |
| "Ce volume peut, enfin, comme l'Histoire des Pays Bas français, favoriser une prise de conscience régionale indispensable pour l'avenir de notre pays. Les noms divers de nos unités territoriales d'hier reflètent une mosaïque qui doit constituer demain un ensemble harmonieux. Appelée, tour à tour, Basse Picardie, Germanie-inférieure, Pays-Bas, Pays-Bas catholique, Pays-Bas méridionaux, Pays-Bas français, cette portion du territoire français, où vivent quatre millions d'habitants, est encore la seule de toute la France qui porte officiellement les noms juxtaposés des deux départements constitutifs. Est-ce manque d'imagination ? Est-ce l'absence d'un sentiment de cohésion régionale ?" |
Louis Trénard, Histoire des Pays-Bas Français, Flandre, Artois, Hainaut, Cambrésis, Boulonnais, Ed. Privat, 1972. |
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Jean-Michel LAMBIN |
| "La Flandre, le Hainaut et l'Artois tournent le dos au bassin parisien pour regarder vers la Belgique actuelle. Ils font partie d'un ensemble géologique limité au sud par les collines de l'Artois : le bassin de Bruxelles. La Lys, la Deûle, le Scarpe, l'Escaut et la Sambre qui coulent des pentes de l'Artois vers le nord-est soulignent cette orientation vers Bruxelles et Anvers." |
Jean-Michel Lambin, Quand le Nord devenait français (1635-1713), Fayard, 1980.
Jean-Michel Lambin est agrégé d'histoire, professeur, auteur de livres scolaires. |
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Maryse FABRIES-VERFAILLIE et Pierre STRAGIOTTI |
| "Le Nord s'est forgé une conscience régionale aussi forte qu'en Alsace ou en Bretagne. Un courant régionaliste revendique aujourd'hui un autre nom pour la région, celui de "Pays-Bas français", avec pour emblème le "lion des Flandres". Vouloir un autre nom est assez symptomatique des difficultés actuelles. C'est aussi vouloir une autre image !" |
Maryse FABRIES-VERFAILLIE et Pierre STRAGIOTTI, La France des Régions, Bréal, 2000 |
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