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3. Quel est l'intérêt du changement de nom ?
Un intérêt fondamental : l'image de la Région.
Le premier intérêt est tout naturel : aucune région de France n'accepterait aujourd'hui de s'appeler « Est » (Est-Rhin ?), ou Ouest-Loire, ou Sud-Rhône... Alors, pourquoi nous ?
UN NOM UN VRAI !
Qu'est-ce qui, en premier lieu rend un pays sympathique, attractif, et qui donne envie de le visiter ? C'est à la fois son nom, et les connotations, étroitement associées à ce nom, qu'il véhicule.
Normandie, Bretagne, Alsace, Provence, Pays Basque, Aquitaine, Bourgogne, Savoie, Franche-Comté, Picardie... Des noms poétiques, évocateurs, parce que chargés de culture, de traditions, d'art de vivre... et ayant traversé l'histoire. Alors, pourquoi pas nous ?
UN NOM QUI TRANSFORME !
Le deuxième intérêt est de donner à la Région un nom qui peut faire oublier les images de misère associées au nom Nord-Pas-de-Calais, qui accumule des clichés, certes, mais qui ont la vie dure : un climat froid et pluvieux, des corons grisâtres, des terrils partout, des usines abandonnées à perte de vue, des friches industrielles, la pollution...
Nous savons que la Région ne se résume pas à ces clichés, qui ne sont d'ailleurs que les conséquences du drame de l'industrialisation à outrance, puis de la désindustrialisation de la Région.
Mais Nord-Pas-de-Calais désormais, n'est plus capable de modifier l'image de notre Région et de porter ses projets et son avenir, malgré les efforts considérables déployés, par exemple par les instances touristiques régionales.
UN NOM INTERNATIONAL !
Le troisième intérêt est certes plus pragmatique, mais fondamental : c'est celui du rayonnement international de notre Région. Lorsque des programmes européens transfrontaliers voient le jour, Nord-Pas-de-Calais côtoie Wallonie, Bruxelles-Capitale ou Flandres. L'Euro-Région se compose du Kent, de la Wallonie, de la Flandre, de Bruxelles-Capitale et du... Nord-Pas-de-Calais. Ce constat parle de lui-même : notre nom hybride, à la fois trop et trop peu « géographique », détonne aux côtés des noms ancrés dans l'histoire de l'Europe et évocateurs, de nos voisins !
Le rayonnement international, c'est pouvoir dire et écrire, au premier chef : mon nom, c'est Pays-Bas Français, et d'en être fier, car on sait de suite que l'interlocuteur saura le situer sur une carte, et comprendre sa nature profonde.
Mon pays est la Bretagne, mon pays est la Normandie, mon pays est l'Alsace... Mais « mon pays est le Nord-Pas-de-Calais » est trop dissonant, trop impersonnel...
Ne restons pas cramponnés à Nord-Pas-de-Calais au prétexte qu'il est le seul nom promu, reconnu des autorités... Nous resterons du Nord et le détroit ne disparaîtra pas pour autant !
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Bruno BONDUELLE |
| "Le nom de la région. C'est un débat qui revient régulièrement : faut-il changer le nom de la région ? Changer un nom pour changer quoi ? Mon avis est le suivant : cette région doit changer de nom si elle veut retrouver au XXIe siècle cette réputation de prospérité et d'innovation qu'elle avait au XIXe triomphant. Modifier le nom c'est, comme pour certains partis politiques qui changent de nom pour faire oublier certaines affaires, modifier l'image de la région." |
| "(…) il nous manque un nom. "Nord-Pas-de-Calais" est invendable en français, imprononçable en anglais, inexportable dans aucune langue. S'il y a concours d'idées, je propose Pays-Bas du Sud. Beau pied de nez à tous les auteurs de l'anti Nord. Voilà l'aire urbaine métropolitaine - le Grand Lille - qui joue dans la cour d'Amsterdam. Voilà les ports du littoral dans le bassin de Rotterdam !" |
Bruno Bonduelle, interview à Delirium : [lire]
et tribune libre de la lettre d'informations de NORD FRANCE EXPERTS, printemps 2005.
Bruno Bonduelle est actuellement président de la CCI de Lille-Métropole. |
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