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Une nécessité économique.


L'image négative de la région longtemps véhiculée en France fut par exemple mis en exergue par Pierre Estienne dans son ouvrage LES REGIONS FRANCAISES (T.1, Armand-Colin, 1977) : « Crise de l'industrie (...). Crise humaine (...). Crise enfin de l'image de marque, avec des légendes solidement ancrées (un habitat réputé à tort vétuste, des industries toutes polluantes, un environnement dégradé, une civilisation de l'estaminet). Bref une mauvaise réputation, sans base réelle véritable : pour la moyenne des Français, le Nord évoque laideur et tristesse, une sorte d'antithèse du Midi. »

Dans LES REGIONS FRANCAISES - ATOUTS ET PROBLEMES (Belin, 2003), Robert Cheize et Sylvie Chédemail soulignent la nécessité économique du changement de nom : « Depuis 10 ans, la région se bat pour faire oublier les images dépassées qui la desservent. Pays noir, froid, région en crise. (...) La recherche d'un nouveau nom, un instant entreprise (Lion des Flandres, Coeur de l'Europe), indique bien les nouvelles directions choisies : jouer la carte européenne, renouer avec un passé commercial riche, commun à toutes les Flandres. »
Puis plus loin : « Le Nord-Pas-de-Calais ne sert pas seulement au nord de la France, mais aussi au sud de l'Angleterre et des Flandres, dans une situation intermédiaire enrichie et un rôle d'interlocuteur privilégié. »
Et enfin : « Pour sortir des images tristes trop souvent accolées à son nom, la région doit se faire connaître par d'autres éléments : la Côte d'Opale, les ducasses et autres fêtes qui attirent de nombreux touristes voisins, de même que la richesse des traditions flamandes et une capacité toujours vive à entreprendre. »

LE NORD-PAS-DE-CALAIS : VERS UNE GRANDE RÉGION EUROPÉENNE ? tel est le titre du livre de Olivier Lluansi (édition l'Harmattan 2004). Lui aussi veut changer le nom de notre Région, il écrit : « L'histoire apprend que les noms du territoire du nord-pas-de-calais ne furent pas que « géographiques ». De plus, la partition territoriale d'autrefois fait mentir les actuelles frontières administratives. Alors quel nom pour la région nord-pas-de-calais ? Le sien n'est pas très porteur, en ces temps de marketing territorial (...). Voilà la perspective d'un interessant débat, qui mobiliserait la population régionale. »

Et c'est Bruno Bonduelle (président de l'APIM, président de la CCI de Lille-Métropole) qui enfonce le clou avec ce commentaire paru dans la Voix du Nord, début 2005, au sujet du sondage « La Région et l'Europe » : « Opposer Paris et l'Europe n'est pas une absurdité. Il faut bien imaginer l'incroyable prospérité des marchés du nord-ouest européen. Quant aux Picards, ils sont également rejetés avec, comme la région parisienne, deux fois moins de suffrages que la Belgique. Je pense qu'il s'agit moins de mépris que d'ignorance. Passé Arras, nous avons encore 200 kilomètres de désert. Et on n'a pas envie d'aller dans le désert. On a envie d'aller au nord, notre univers est complètement là. La géographie est si puissante, l'histoire peut être oubliée. Notre véritable frontière n'est pas sous Courtrai et Tournai, c'est la Somme ! »

Bruno Bonduelle déclare aussi lors d'une séance du conseil régional : « Il faut trente ans pour se faire un nom. C'est très difficile de percer : le clou n'entre que petit à petit... (...). Créez une direction du marketing ; ayez beaucoup de persévérance ; travaillons tous ensemble. Notre cible, c'est le monde. Trouvons à notre région un autre nom que Nord-Pas-de-Calais, difficilement vendable. Simplifions la lecture de nos territoires ! »
« Plus encore que pour les Pays Bas français, je suis pour les Pays Bas du Sud ! »

Bruno Bonduelle enfonce le clou dans une tribune du numéro du printemps 2005 de la lettre Investir en Nord-Pas-de-Calais (lettre d'information de NORD FRANCE EXPERT) :
« Vive les Pays-Bas du Sud ! »
« Réticence des cadres parisiens à venir s'exiler dans le grand nord, absence de notoriété à l'étranger… la question de l'image de la région est un débat très ancien, qui se posait déjà dans ces termes à mon arrivée à la présidence de NFX en 1995, et qui reste aujourd'hui, au moment de mon départ, d'actualité.
Pourtant, quelques années après son installation, l'irnpatrié reconnaît l'exceptionnelle qualité de vie de la région, la chaleur des relations humaines, la diversité de l'offre culturelle, le choix des formations universitaires, le carrefour de l'Europe, les 3 civilisations anglo-saxonne, latine, flamande qu'il découvre sur la journée. Alors, puisque selon l'adage, « le Nord n'attire plus mais il retient », nous devons nous faire connaître. NFX, que j'ai présidé pendant 10 ans, est en quelque sorte la direction commerciale de la région ; celle-ci doit aujourd'hui renforcer sa direction marketing. Les thèmes de communication ne manquent pas. En revanche, il nous manque un nom. « Nord - Pas-de-Calais » est invendable en français, imprononçable en anglais, inexportable dans aucune langue. S'il y a concours d'idées, je propose Pays-Bas du Sud. Beau pied de nez à tous les auteurs de l'anti Nord. Voilà l'aire urbaine métropolitaine - le Grand Lille - qui joue dans la cour d'Amsterdam. Voilà les ports du littoral dans le bassin de Rotterdam!
 »











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